Interview : les soins de supports pour accompagner les patients tout au long du parcours de soins
À l’occasion de la semaine des soins de support (16–20 février 2026) organisée dans le cadre des « 10 années de cancérologie au CHU de Nîmes », découvrez une interview exclusive du Pr Frédéric Fiteni, oncologue médical, et d’Aude Canovas, infirmière de coordination en soins de support à l’Institut de Cancérologie du Gard (ICG).
Initiés en 2005 et renforcés par la mesure 42 du Plan Cancer, les soins de support sont aujourd’hui un pilier incontournable de la prise en charge oncologique. À travers cet échange, ils nous éclairent sur cette approche essentielle pour améliorer la qualité de vie des patients, et sur les innovations qui font de la cancérologie au CHU de Nîmes une activité d’excellence.
Qu’est-ce que sont les soins de support ?
Aude Canovas : C’est l’ensemble des soins et soutiens qui sont nécessaires aux personnes malades, parallèlement aux traitements spécifiques, lorsqu’il y en a, et tout au long de la maladie grave. Peu importe le parcours du patient, ils peuvent être donnés soit en début, en cours de traitement et même jusqu’à la fin de vie.
Pr Frédéric Fiteni : C’est une définition très standardisée par les sociétés savantes, dont les deux majeures sont l’Association Francophone des Soins Oncologiques de Support (AFSOS) et la Multinational Association Of Supportive Care In Cancer (MASCC). Il y a un socle défini par l’Institut National du Cancer (INCa) qui comprend la prise en charge de la douleur, diététique, psychologique, et le support social, familial et professionnel. À cela s’ajoutent des soins complémentaires : l’activité physique, des conseils d’hygiène, le soutien psychologique aux proches et aidants, la prise en charge de la fertilité, des troubles de la sexualité ainsi que des techniques complémentaires au niveau de la douleur. Cette liste est la colonne vertébrale des soins de support, définie par l’INCa.
Quels sont les différents soins de supports proposés à l’Institut de Cancérologie du Gard ?
Aude Canovas : Nous pouvons retrouver les soins de support que nous appellerons "socles" d’après l'INCa, soit la possibilité d'avoir une prise en sociale, nutritionnelle, psychologique, algologique, un accès à la préservation de la fertilité et une prise en charge palliative. L'institut peut également proposer des soins de support dit "nouveaux", autour de l'estime de soi ou du bien-être. Le patient peut se voir proposer une prise en charge esthétique via la venue d’une socio-esthéticienne.
Pour les troubles anxiogènes, de la sophrologie, de la musicothérapie et des séances d’auto-hypnose sont délivrées. On peut également proposer pour pallier à certains effet secondaire liés aux traitements, des séances d'acupuncture et de réflexologie plantaire.
Pour l'accès à la prise en charge de l'activité physique, actuellement, nous proposons un atelier danse et nous collaborons avec nos partenaires extérieurs tel que la Ligue contre le Cancer et Nîmes Sport Santé. Enfin, la participation des réseaux oncologiques de la Ville de Nîmes est extrêmement importante. Nous travaillons avec le réseau cancer de la Ville avec lequel nous nous coordonnons pour lancer des campagnes de dépistages des cancers nationaux (Octobre Rose, Mars Bleu, Movember, etc.) ; sans oublier nos liens étroits avec les associations.
Les soins de support ont montré un réel bénéfice en survie et en qualité de vie, quel que soit le stade de la maladie
Comment en bénéficier ?
Pr Frédéric Fiteni : Il est primordial d’avoir un parcours patient bien établi. Dans un premier temps, l’oncologue élabore un projet personnalisé de soins et, une fois la programmation du parcours lancée, le patient va réaliser une consultation d’annonce paramédicale qui permettra de repérer précocement ses fragilités préexistantes via un questionnaire standardisé développé par l’INCa et lancer les soins de supports nécessaires. L’infirmière de coordination organisera alors les besoins nécessaires au bon accompagnement du patient, qui pourront être évalués par ce dernier tout au long du parcours.
Pour donner un exemple, pour les thérapies orales, nos patients ont accès aux consultations pharmaceutiques, à un suivi avec l’Infirmier de Pratique Avancée (IPA), une infirmière de thérapie orale qui appelle les patients et un télé-suivi que nous développons (via l’application THESS). Au CHU de Nîmes, nous avons un parcours de thérapie orale très complet.
Rejoignez-nous à l'occasion de la Semaine des soins de support au CHU de Nîmes
Du 16 février au 20 février 2026, rendez-vous à l'Institut de Cancérologie du Gard pour rencontrer associations, professionnels et participer à des atelier pour en savoir plus sur les soins de support :
- Tous les jours de 10h à 16h dans le Hall de l'ICG : des stands d'associations
- Mardi 17 février à 14h : Performance atelier danse
- Mercredi 18 février à 14h : Mini spectacle de théâtre, atelier enfants compagnie Théâtr’All
- Jeudi 19 février à 13h : Conférence « Soins de support et qualité de vie »
- Vendredi 20 février à 14h : Chorale Not’En Bulles